Le
19e siècle semble avoir duré plus de cent ans si l’on
considère les deux événements majeurs dont l'un ouvre
et l'autre ferme ce segment de l’histoire de France : la Révolution de
1789 et le début de la première guerre mondiale, en 1914.
Le premier événement marque la fin de l’Ancien Régime dans un pays qui
a été gouverné par des dynasties royales depuis
le Moyen-Age. Le second précipite la France dans une nouvelle
ère des relations internationales où le pays doit trouver
sa place.
Depuis
la fin de l’Ancien Régime, la France du 19e siècle a traversé de nombreuses crises
: trois révolutions et toutes les formes de gouvernement
: un consulat, deux empires, trois monarchies et deux républiques.
De 1789 à 1830 seulement, la France a fait l’expérience
de ces quatre régimes.
Roman
La
production littéraire au 19e siècle voit surtout l’émergence
du roman comme genre intègre et reconnu. Déjà en
1760, le premier roman autobiographique, Julie ou La Nouvelle
Héloïse, de Jean-Jacques Rousseau, annonçait
le passage à la subjectivité, c’est-à-dire à
la transposition littéraire d’une histoire personnelle, d’une
expérience singulière, en histoire fictive. Le roman de
la période romantique cherche à rompre avec la forme classique,
pourtant assez peu développée. Le nouveau style attache
une importance au détail, "aux petits faits vrais sur une
passion, sur une situation de la vie" (Stendhal).
L’auteur affirme sa présence par le biais autobiographique. L’Adolphe (1806) de Benjamin Constant est la transposition littéraire d’une
expérience personnelle de l’auteur, le récit d’un amour
vécu, sous une forme recomposée.
Sous
l’influence de l’écrivain écossais Walter Scott, une vague
du roman historique a lieu entre 1815 et 1830, illustrée
notamment par des écrivains comme Hugo,
Balzac,
Vigny ou Mérimée. Selon la manière de Scott, l’histoire,
au lieu d’être narrée, comme le fait ordinairement un récit,
est mise en scène, dramatisée, les dialogues remplaçant
l’analyse. Notre Dame de Paris (Hugo), Les Chouans (Balzac)
représentent différentes styles de ce roman historique,
selon la sensibilité particulière de leur auteur. Une
autre tendance, le roman fantastique, est illustrée par Aloysius
Bertrand (Gaspar de la Nuit, 1841) et Gérard
de Nerval (Les Filles
du Feu, 1854, Aurélia, 1855).
Théâtre
Le théâtre
est aussi "la scène" d’une réforme littéraire;
d’abord d’inspiration historique, la tragédie s’oriente vers
le drame romantique qui remet en question les "unités"
de la tragédie classique, généralement divisée
en "tableaux". Les romantiques privilégient au contraire
la narration et la description. Par ailleurs, les thèmes de la
tragédie évoluent également : au lieu du référent
étranger et lointain de l’oeuvre classique (e.g., la Grèce
antique), les romantiques s’intéressent à la société
contemporaine et n’hésitent pas à utiliser des sujets
qui marquent leur époque.
Finalement,
dans ce qu’on appeler un choc des genres, les scènes tragiques
se mêlent aux scènes comiques. Parmi les dramaturges les
plus notoires, on peut citer Alexandre Dumas père (Antony,
1831), Alfred de Vigny (Chatterton, 1835) et Victor Hugo, (Hernani,
1830).
Poésie
Genre
pratiquement abandonné au 18e siècle, la poésie,
lieu naturel de l’expression du moi et de la subjectivité, retrouve
une place centrale avec les romantiques, au coeur de l’expérience humaine. En même temps, conformément
à l’esprit anti-classique du 19e siècle, la poésie
se libère peu à peu des formes contraignantes en accordant
plus de souplesse dans l’écriture du vers : les coupes, les cadences
et les rimes sont moins riches, annonçant la fracture plus fondamentale
qui aura lieu plus tard dans le siècle avec Rimbaud et Mallarmé notamment.
C’est
probablement Lamartine,
qui décrit l’angoisse de la vie et la fragilité humaine,
qui illustre le mieux la nature de la poésie romantique au début
du siècle.