ZINZINULER
chanter
(pour certains oiseaux)
Ce
verbe (lat. zinzinulare) d’origine onomatopéique,
bien qu'un peu fétiche dans les milieux scolaires, est ignoré par
le Dictionnaire Historique de la Langue Française
(DHLF, éditeur : Robert). Il figure toutefois dans le plus
modeste Lexis de 1975 (Larousse).
Ce
verbe est rigoureusement intransitif, se ramassant avec hauteur sur
l’action qu’il exécute.
Exemple
-
Qu’ils derechef zinzinulent, ces emplumés, et ils verront
de mon canon !
.
Remarque: Le
mot zinzin, également d’origine onomatopéique,
qui paraît affilié, est en
revanche beaucoup plus récent, et s’éloigne en fait du sens de
zinzinuler. Il désigne à tour de rôle et selon
les époques : un canon posté dans les tranchées
de la Grande Guerre, un bidule, un machin, un petit jouet qui fait du
bruit, un orchestre de bal populaire et un cinglé.
Plus
récemment encore, il se tenait pour l’abréviation des
"zinvestisseurs zinstitutionnels" chargés de maintenir les cours
dans les places boursières. Mais d’une façon plus générale,
le mot zinzin appartient à la série z-z dérivée
du langage dit enfantin, comme par exemple : zoizeau, zizi,
zézette, zizotter (faire l’amour).
.
Note: Une
collusion est possible avec le verbe tintinnabuler, rendu fameux
par la gouaille du président du parti de l’extrême-droite
français. Restant dans le domaine du son (lat. tintinnabulum,
grelots, clochettes, et tinnirer, produire un son grêle,
clair, tinter), ce verbe tente à son tour une mimique, non pas
d’un oiseau ou des zézaiements d’un enfant, mais du son léger
d’une petite crécelle (ainsi du "discours politique actuel",
dixit J.M. Le Pen).
Finalement,
le mot tintamarre (doté d’une finale obscure), n’est pas
de sens éloigné : il s’agit de la chasse aux ramiers que
le village organise à la nuit tombée, équipé
d’une floppée de tambours, de poêles et de marmites dont
le vacarme va étourdir les oiseaux.