VERBES
FOURCHELANGUES
Ce
numéro passe en revue certains verbes que l’on rate
presque toujours, ou lorsqu’on ne les rate pas, ils sont d'habitude
proférés avec le minimum de naturel.
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Caparaçonner
: pronominal, lat. capa, cape. S’accoutrer
d’un vêtement ridicule, encombrant. Par extension, se couvrir,
se protéger.
La
confusion autour de ce verbe provient de la collision avec "carapace",
dont l’étymologie, assez curieusement, n’est pas lointaine :
esp. carapacho, écorce, revêtement dur, croûte.
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Obnubiler
: lat. nubes, se couvrir de nuages. Assombrir
l’esprit au point d’éclipser tout autre idée. Syn. obséder.
La
confusion est ici nettement dûe à une concurrence excessive
de la série gouvernée par le préfixe omni et,
peut-être, le mot bulle. D’où l’extraordinaire "omnibuler".
Huysmans
frise l’auto-carricature en fournissant pour ce verbe un exemple
universel
: "Et j’obnubilerai l’entendement de vos évêques,
de vos prêtres, de vos fidèles." (cit. Lexis)
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Rasséréner :
de l’adjectif serein. Rendre la sérénité, le
calme. Syn. rassurer, apaiser.
La
confusion se situe dans l’inversion des deux dernières syllabes,
sans doute motivée par des séries allitérantes
proches telles que incinérer, vénérer, honorer,
asséner, assainir, enraciner etc.
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Saupoudrer
: de sau, sel.
Dans
ce cas, le mot soupe est le principal responsable, s’associant facilement
avec le mot poudre, pour produire un désolant mais combien tentant
"soupoudrer".
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Importuner
: lat : portus, port difficile à aborder. Ennuyer, agacer,
poser problème de manière intempestive.
Il
existe certes l’adjectif ‘inopportun" (syn. importun, fâcheux),
qui recouvre à peu près le même sens, mais "opportun",
son contraire, est en revanche dépourvu de correspondant verbal.
De ce cousinage lexical complexe émerge ainsi le fameux "opportuner".