LES
VERBES DES MAMMIFÈRES
Un numéro précédent dressait un
corpus de verbes français qui rendent compte de la diversité des
chants et des cris de l’avifaune (cf. LVDV
Vol.10).
Par souci d’équité, ce numéro est consacré aux mammifères. Sans réelle
surprise, on note, au plan consonantique, une dominante de la
combinatoire des occlusives palatales [k], [g] et des liquides [l],
[r].
Dans
les forêts, on entend le cerf bramer, raire et réer,
l’ours grogner, le renard glapir, le sanglier grommeler,
le lapin clapir et couiner.
Dans
la jungle, la savane, on perçoit le tigre rauquer, le
lion rugir, le chacal japper, le crocodile se lamenter,
les hyènes ricaner, les singes hurler, les éléphants barrir.
Dans
la ferme et les étables, on distingue le cheval hennir,
l’âne braire, le chien aboyer, clatir et clabauder,
le chat miauler et ronronner, les souris chicoter,
le cochon grouiner, le porc grognonner, les vaches meugler,
les boeufs mugir et beugler.
Plus
loin sur les collines, on entend les moutons bêler, les
chèvres bégueter, l’agneau bêlotter,
et le bélier blatérer.
Quand à l’admirable feuler,
qui s’emploie naturellement pour les félins, il n'y avait que Colette, poète des plantes
et des animaux, pour rendre sa délicate texture, examinant sa
chatte Mitsou :
Il
n’y a guère de folle partie de ficelle ou de balle de laine
qui ne finisse par une petite crise hystérique avec des feulements
rauques.