Après
deux précédents volumes consacrés aux verbes
des oiseaux (cf.
LVDV Vol.10) et à ceux des mammifères (cf.
LVDV Vol.13), il est légitime d'accorder
un volume aux insectes.
Le premier constat qui s’impose en étudiant ce sujet, c’est
que malgré leur
nombre et leur variété, les insectes font apparemment peu de
bruit, et leurs activités ne sont finalement qu'assez
peu répertoriées.
On
peut certes entendre certains crisser ou striduler,
comme c’est le cas pour les orthoptères,
une classe sous laquelle sont rangés les criquets et
grillons (ces derniers peuvent aussi grésiller),
ainsi que pour les homoptères, chez lesquels figurent
les cigales en particulier, qui peuvent craqueter également,
tout comme les grues. D’autres vont vrombir ou bourdonner,
ainsi les diptères (mouches, moustiques),
les hyménoptères (abeilles, guêpes). Mais
dans l’ensemble, la langue n’est guère prolixe dans
ce registre : cinq ou six verbes, auxquels on peut toutefois
ajouter chanter,
qui s’applique essentiellement aux cigales.
La
langue n’est guère plus riche pour les décrire
dans leurs activités : ces anophèles, charançons,
chiques, doryphores, edémis, liparis, punaises et
autres stégomyes vont certes fourmiller, coloniser, grouiller, parasiter,
muer, voler, ramper, sauter,
mais ce sont là pour la plupart des verbes pour lesquels
ils ne sauraient revendiquer l'exclusivité.
Certains sont friands de bois (les xylophages) et vont térébrer les
poutres jusqu’à les réduire en poussière;
d’autres vont infester les plantations pour
y broyer les
feuilles (phytophages).
Quant à l’araignée, elle secrète une
matière muqueuse à partir de la filière
placée
dans son abdomen pour filer ses toiles.
En
ce qui concerne le registre dédié à l’attaque,
les arachnides possèdent de redoutables appendices - les
chélicères, des mandibules articulées qu’ils
utilisent pour pincer. Ceux qui sont dotés
d’un dard ou d’un aiguillon venimeux vont piquer,
ainsi les guêpes. Rappelons ici que chez les moustiques,
seule la femelle va sucer de
sa trompe le sang humain pour se fortifier lors de sa ponte, les
mâles
quant à eux
ne se nourrissent que du nectar des fleurs.
Remarques :
1. Trochanter n’est
pas un verbe, ce nom désigne
un élément de la patte d'un insecte, entre la hanche et le fémur.
2. Moucheronner :
Certains poissons qui jaillissent hors de l’eau pour saisir des
insectes y excellent.
3, Émoucher :
Ce verbe signifie en effet chasser les mouches, possiblement à
l'aide d'un émouchoir.
Finalement,
nous proposons deux néologismes : le dénominatif criquer,
qui a le mérite d'une certaine simplicité et qui
pourrait s'adapter
à quantité d'insectes. Par ailleurs, le verbe vrombillonner,
qui devrait enfin rendre justice aux moustiques en particulier
: