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- Volume 16 -

 

LES VERBES DES INSECTES

Après deux précédents volumes consacrés aux verbes des oiseaux (cf. LVDV Vol.10) et à ceux des mammifères (cf. LVDV Vol.13), il est légitime d'accorder un volume aux insectes. Le premier constat qui s’impose en étudiant ce sujet, c’est que malgré leur nombre et leur variété, les insectes font apparemment peu de bruit, et leurs activités ne sont finalement qu'assez peu répertoriées.

On peut certes entendre certains crisser ou striduler, comme c’est le cas pour les orthoptères, une classe sous laquelle sont rangés les criquets et grillons (ces derniers peuvent aussi grésiller), ainsi que pour les homoptères, chez lesquels figurent les cigales en particulier, qui peuvent craqueter également, tout comme les grues. D’autres vont vrombir ou bourdonner, ainsi les diptères (mouches, moustiques), les hyménoptères (abeilles, guêpes). Mais dans l’ensemble, la langue n’est guère prolixe dans ce registre : cinq ou six verbes, auxquels on peut toutefois ajouter chanter, qui s’applique essentiellement aux cigales.

La langue n’est guère plus riche pour les décrire dans leurs activités : ces anophèles, charançons, chiques, doryphores, edémis, liparis, punaises et autres stégomyes vont certes fourmiller, coloniser, grouiller, parasiter, muer, voler, ramper, sauter, mais ce sont là pour la plupart des verbes pour lesquels ils ne sauraient revendiquer l'exclusivité. Certains sont friands de bois (les xylophages) et vont térébrer les poutres jusqu’à les réduire en poussière; d’autres vont infester les plantations pour y broyer les feuilles (phytophages). Quant à l’araignée, elle secrète une matière muqueuse à partir de la filière placée dans son abdomen pour filer ses toiles.

En ce qui concerne le registre dédié à l’attaque, les arachnides possèdent de redoutables appendices - les chélicères, des mandibules articulées qu’ils utilisent pour pincer. Ceux qui sont dotés d’un dard ou d’un aiguillon venimeux vont piquer, ainsi les guêpes. Rappelons ici que chez les moustiques, seule la femelle va sucer de sa trompe le sang humain pour se fortifier lors de sa ponte, les mâles quant à eux ne se nourrissent que du nectar des fleurs.

Remarques :

1. Trochanter n’est pas un verbe, ce nom désigne un élément de la patte d'un insecte, entre la hanche et le fémur.

2. Moucheronner : Certains poissons qui jaillissent hors de l’eau pour saisir des insectes y excellent.

3, Émoucher : Ce verbe signifie en effet chasser les mouches, possiblement à l'aide d'un émouchoir.

Finalement, nous proposons deux néologismes : le dénominatif criquer, qui a le mérite d'une certaine simplicité et qui pourrait s'adapter à quantité d'insectes. Par ailleurs, le verbe vrombillonner, qui devrait enfin rendre justice aux moustiques en particulier :

Je m'infligeais une claque sanglante pour chaque moustique vrombillonnant à mes oreilles.

 

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