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Une
figure centrale à la langue et à la phrase telle que le
verbe doit être l'objet d'une riche palette d'expressions
idiomatiques propres à reconnaître et même à honorer son
rôle. C'était le présupposé lorsque LVDV a
entrepris
une
recherche
à cet
égard. Or, il faut se rendre
à l'évidence, la moisson est faible, selon la liste
que nous dressons dans ce volume :
Avoir
le verbe haut :
parler avec force, conviction.
Cette
expression fait référence au mot
verbe dans son acception "produire
de la parole". Elle traduit en général
la propension à vouloir attirer l'attention sur
ses déclarations ou à vouloir convaincre par des
arguments le destinataire. Il s'y mêle peut-être
une certaine condescendance, voire du dédain.
.
Magicien
du verbe :
1. poète; 2. beau parleur.
Cette
expression, qui définit avec une réussite
discutable le talent de grands créateurs
du 19e siècle, tels que
Victor Hugo, Théophile Gautier, Villiers
de l'Isle Adam, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire
ou encore Stéphane Mallarmé,
baigne
aujourd'hui dans un certain opprobre, à en
juger par l'acception plus que railleuse dont elle
est maintenant dotée.
.
Artisan
du verbe :
poète, confectionneur
de vers.
Comme
pour la précédente, il
est à craindre que l'usage tropologique
de cette expression soit désormais si désuet
que l'on n'y recourt ajourd'hui que
dans un
registre ironique.
Verbeux (adj.)
: bavard, prolixe.
Le
champ sémantique de cet adjectif est
indiscutablement péjoratif, puisqu'il évoque
essentiellement l'incapacité
d'énoncer les choses de manière
concise et ordonnée.
Le suffixe -eux fait particulièrement
souffrir le radical (nauséeux, boutonneux).
La critique d'une pièce littéraire
qui se limiterait à ce
seul adjectif atteindrait, croyons-nous, une
gravité de
nature à geler
son auteur pour l'éternité.
Par
ailleurs, le monde médical propose un certain
nombre de définitions liées à la
pathologie des troubles de la parole, que nous
recensons ici :
Délire
verbal ou incontinence
verbale :
en psychiatrie, il s'agit
dans ces deux cas de symptômes
liés à l'excès dans l'usage
de la parole. Autres noms : logorrhée, verbigération.
Note
: En littérature,
la verbigération (cf.
verbigérer LVDV
Vol.5)
définit également une figure de style,
qui
consiste à produire un texte dénué de sens.
Elle n'est
pas à confondre toutefois avec le verbiage,
ou d'autres figures proches telles
que la verbosité,
la verbomanie, le verbalisme.
.
Surdité verbale : terme
de neurolinguistique qui définit l'incapacité d'un sujet
à discriminer et à comprendre les sons du langage
parlé. Ce handicap est généralement attribué à une
lésion temporale gauche.
.
Cécité
verbale : en neurolinguistique,
il s'agit d'une forme particulière d'alexie, un terme qui définit l'ensemble
des troubles liés au dysfonctionnement des capacités de décodage
à haute voix de l'écrit.
.
Détresse verbale : en
neuropsychologie, il s'agit d'une forme d'agrammatisme,
par laquelle le sujet se limite à construire
des énoncés syntaxiquement simples,
au vocabulaire limité,
aggravés toutefois par une tendance à la juxtaposition et à l'élision.
.
Note : Nous avons exclu de ce recensement les usages ontologiques et mystiques du verbe, déjà évoqués dans des volumes précédents (LVDV Vol.2 et LVDV Vol.12) ainsi que dans certaines lettres de nos lecteurs (Lettre No.1 et Lettre No.17).
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