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- Volume 19 -

 

 
LE VERBE IDIOMATIQUE

Une figure centrale à la langue et à la phrase telle que le verbe doit être l'objet d'une riche palette d'expressions idiomatiques propres à reconnaître et même à honorer son rôle. C'était le présupposé lorsque LVDV a entrepris une recherche à cet égard. Or, il faut se rendre à l'évidence, la moisson est faible, selon la liste que nous dressons dans ce volume :

 

Avoir le verbe haut : parler avec force, conviction.

Cette expression fait référence au mot verbe dans son acception "produire de la parole". Elle traduit en général la propension à vouloir attirer l'attention sur ses déclarations ou à vouloir convaincre par des arguments le destinataire. Il s'y mêle peut-être une certaine condescendance, voire du dédain.

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Magicien du verbe : 1. poète; 2. beau parleur.

Cette expression, qui définit avec une réussite discutable le talent de grands créateurs du 19e siècle, tels que Victor Hugo, Théophile Gautier, Villiers de l'Isle Adam, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire ou encore Stéphane Mallarmé, baigne aujourd'hui dans un certain opprobre, à en juger par l'acception plus que railleuse dont elle est maintenant dotée.

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Artisan du verbe : poète, confectionneur de vers.

Comme pour la précédente, il est à craindre que l'usage tropologique de cette expression soit désormais si désuet que l'on n'y recourt ajourd'hui que dans un registre ironique.

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Verbeux (adj.) : bavard, prolixe.

Le champ sémantique de cet adjectif est indiscutablement péjoratif, puisqu'il évoque essentiellement l'incapacité d'énoncer les choses de manière concise et ordonnée. Le suffixe -eux fait particulièrement souffrir le radical (nauséeux, boutonneux). La critique d'une pièce littéraire qui se limiterait à ce seul adjectif atteindrait, croyons-nous, une gravité de nature à geler son auteur pour l'éternité.

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Par ailleurs, le monde médical propose un certain nombre de définitions liées à la pathologie des troubles de la parole, que nous recensons ici :

Délire verbal ou incontinence verbale : en psychiatrie, il s'agit dans ces deux cas de symptômes liés à l'excès dans l'usage de la parole. Autres noms : logorrhée, verbigération.

Note : En littérature, la verbigération (cf. verbigérer LVDV Vol.5) définit également une figure de style, qui consiste à produire un texte dénué de sens. Elle n'est pas à confondre toutefois avec le verbiage, ou d'autres figures proches telles que la verbosité, la verbomanie, le verbalisme.

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Surdité verbale : terme de neurolinguistique qui définit l'incapacité d'un sujet à discriminer et à comprendre les sons du langage parlé. Ce handicap est généralement attribué à une lésion temporale gauche.

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Cécité verbale : en neurolinguistique, il s'agit d'une forme particulière d'alexie, un terme qui définit l'ensemble des troubles liés au dysfonctionnement des capacités de décodage à haute voix de l'écrit.

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Détresse verbale : en neuropsychologie, il s'agit d'une forme d'agrammatisme, par laquelle le sujet se limite à construire des énoncés syntaxiquement simples, au vocabulaire limité, aggravés toutefois par une tendance à la juxtaposition et à l'élision.

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Note
: Nous avons exclu de ce recensement les usages ontologiques et mystiques du verbe, déjà évoqués dans des volumes précédents (LVDV Vol.2 et LVDV Vol.12) ainsi que dans certaines lettres de nos lecteurs (
Lettre No.1 et Lettre No.17).

 

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